Une rencontre inattendue


Je sors cet après-midi d'un rendez-vous de partenariat très enthousiasmant avec une super coach en image de soi. Là commence à se faire sentir la nuit sur Clermont-Ferrand. On voit la neige dispersée sur les hauteurs de la ville disparaitre petit à petit dans l'obscurité. La douceur des dix degrés de la journée diminue calmement vers un froid attendu. Je suis décidé à rentrer chez moi voir ma famille quand sur la route je vois un pouce en l'air. Heureusement la circulation commençait à s'amoindrire et j'arrive à m'arrêter sans déclencher d'accident. Se penche sur ma voiture un homme d'une trentaine d'années marqué par la vie avec des cheveux à la rasta... Même s'il va plus loin que ma destination, je décide de le faire monter pour l'avancer dans sa progression. Il me dit en rigolant qu'il commençait à ne plus sentir son pouce tellement qu'il faisait froid. Je décide donc de le déposer plus loin que ma propre maison car le savoir encore dans le froid me génait beaucoup. Il me dit que si je le dépose à tel endroit, il pourrait faire le chemin à pied s'il n'a personne  pour le prendre. Je m'étonne et lui demande depuis combien de temps il attendait le pouce en l'air et il me répond depuis une heure et demie. Je comprends alors pourquoi son pouce lui faisait mal. Je me surprends à maudir les gens de ne pas l'avoir pris avec eux surtout que son emplacement initial est un point de fort passage en sortie de travail. Il me dit alors que c'est comme ça maintenant. Cela lui a rappellé le stop qu'il faisant adolescent pour rentrer depuis l'internat pour économiser l'argent du train pour pouvoir acheter des cigarettes. "Que j'pouvais ête con à cette époque" me souligne-t-il. Je lui demande alors ce qu'il fait maintenant. Il me dit qu'il est sans domicile fixe à cause de ses problèmes de santé. Il a un diabète inconstant et évolutif et doit s'injecter de l'insuline quatre fois par jour minimum et de faire attention à sa glycémie avant et après les repas. "L'égo du mec" comme il dit, lui a fait prendre la mauvaise décision de continuer de travailler alors que son corps ne le supportait pas dans le métier du bâtiment. Obligé d'arrêter, il décide de partir à la Grande Motte pour trouver du travail. Après six mois de travail intensif, il se retrouve à l'hôpital et revient sur Clermont-Ferrand pour retrouver son "nid". Il décide de commencer à mettre des procédures en place pour obtenir le statut d'handicapé même s'il ne supporte pas de se faire assister par l'état. Il me rassure et me dit qu'il doit voir un médecin expert pour cela, mon père étant dans ce milieu je savais que c'était bien pour lui. Je lui dis alors que je suis coach. "C'est génial comme taf" me dit-il, "tu aides les gens à se trouver!!!!" Du coup mon instinct de coach me pousse à faire quelque chose pour lui, lui donner une chose que j'ai apprise, qui pourra l'aider dans le futur. Il me dit que sa mère a bien fait de le laisser se débrouiller et que dans la vie il n'y a rien de tel que les coups de pieds au derrière que l'on se met. Je tente de lui faire prendre conscience de ce qu'il veut réaliser dans sa vie et sa réponse me laisse sans voix.

"Quand je serais sur mon lit de mort dans une dizaine d'année, ma plus grande satisfaction sera de n'avoir jamais baisser les bras."

On arrive sur le parking et c'est le moment de partir. Il a encore le pouce gelé et je l'aide alors à défaire la ceinture de sécurité. Il me remercie pour le détoure que j'ai fait et me félicite de faire un beau métier et de continuer longtemps à aider les gens.

Je rentre chez moi et ma tête est en pleine ébullition. Je sens mes émotions ne faire qu'un tour et s'expriment au travers de mes yeux qui commencent à me piquer. Je parle souvent de réussite, de mission de vie grâce aux niveaux logiques. Je rencontre des gens qui veulent atteindre leurs objectifs pour se réaliser. Moi-même, ce que je veux c'est laisser un héritage physique et intellectuel derrière moi. Et je rencontre une personne qui à pour seul but d'être COURAGEUX. Et surtout qu'il n'a personne à qui le montrer, c'est pour lui qu'il le fait.

Je pense que nous sommes trop souvent dans le matériel, dans le "je veux prouver aux autres", "montrer au monde" et autres missions de vie. Parfois avoir une mission pour soi, que personne ne voit, nous permet de savoir qui nous sommes au plus profond de notre être. C'est une belle leçon de vie que j'ai appris. C'est pour cela que j'ai décidé de la partager avec vous ce soir.

A très bientôt!

PS: Merci à Raphaël qui m'a inspiré cette façon d'écrire!

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Allan TAPIA

Allan TAPIA

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